Tour du Moulin

La tour du Moulin a été construite à la fin du 12e siècle, avec un talus angevin. Elle est protégée par un mur périphérique en partie basse : une chemise. La salle du rez-de-chaussée est couverte par une voûte angevine. Cette voûte bombée est très rare dans les châteaux, plus répandue dans les églises. Trois archères s’ouvrent sous les arcs de la voûte. Ce sont des postes de tirs qui permettent de protéger le pied de la tour. Le rez-de-chaussée de la tour ne communique pas avec le premier étage, uniquement accessible depuis le chemin de ronde. Il présente quatre archères à niche. Le deuxième étage était largement ouvert sur l’extérieur avec ses six baies en plein cintre avec coussièges. Il était accessible par un escalier ménagé dans l’épaisseur du mur. Celui-ci, pourvu d’une archère, commandait l’accès à la terrasse sommitale.

Tour des Chiens

La tour des Chiens est une tour en forme de fer à cheval. Elle a été construite sous le règne de Philippe Auguste, au 13e siècle. La tour comporte trois niveaux surmontés par une terrasse, accessible depuis le chemin de ronde. Les archères de cette tour défensive sont décalées d’un niveau à l’autre pour assurer une défense efficace et pour éviter de fragiliser les maçonneries.
Cette tour doit son nom au chenil situé à proximité qui abritait les meutes royales au 15e siècle. A cette époque, fours à pain et latrines sont établis à côté de la tour des Chiens. Il pourrait s’agir des équipements nécessaires à la vie de l’hôtel du roi Charles VII (paneterie, logements pour le personnel…).

 

TOUR DU COUDRAY

La tour du Coudray est le principal élément qui subsiste des travaux effectués par Philippe Auguste après sa reprise de la forteresse aux Plantagenêts.
C’est une tour de guet, la plus haute du château, et l’élément d’une porte qui verrouille le fort du Coudray, avec double herse et pont-levis. Cette tour défensive haute de trois niveaux est pourvue d’archères, de cheminées et de latrines. Elle contrôle le fossé qui la sépare du château du Milieu. On y accède par l’étage, et la porte est protégée par un assommoir. Ces dispositifs sont modernes pour l’époque, et sont le signe de l’attention portée par le pouvoir royal à Chinon.

Tour de Boissy

La tour de Boissy est édifiée à la fin du 13e ou au début 14e siècle. Elle tire son nom des gouverneurs de la Forteresse de Chinon au 16e siècle. Haute d’une trentaine de mètres et de construction très soignée, elle présente un plan polygonal. La voûte d’ogive du premier niveau, particulièrement élancée et élégante, présente des culots sculptés. La tour est surmontée par une terrasse reliée à la tour du Coudray par un chemin de ronde. Au départ, l’accès n’était possible que par cette terrasse sommitale depuis laquelle on redescendait vers le premier niveau. Celui-ci n’était alors percé que d’archères. Au 15e siècle, une porte munie d’un petit pont-levis à flèche est installée pour relier la tour aux logis royaux.

Tour de l’Echauguette

Elle est la plus grosse tour de défense de l’angle nord-est de la Forteresse. Aujourd’hui, sa salle basse éventrée paraît suspendue sept mètres au-dessus du fossé. Ce niveau inférieur est une petite pièce circulaire dont le pilier central supporte une voûte. Il est équipé de deux ouvertures de tir ménagées dans l’épaisseur des murs. Un escalier aménagé dans l’épaisseur du mur menait à une salle médiane également desservie par le chemin de ronde. Cet escalier se poursuivait pour mener à la plate-forme sommitale dont il est fait mention dans un document de 1626. Possédait-elle une échauguette, comme son nom trouvé dans un texte de 1569 le laisse penser ?

 

 

Tour d’Argenton

En 1477, le roi Louis XI confie la Forteresse de Chinon à Philippe de Commynes, seigneur d’Argenton. Celui-ci renforce l’angle nord-ouest du château du Milieu en construisant une tour capable de résister aux nouvelles armes à poudre. Ses murs font cinq mètres d’épaisseur et des canonnières sont percées jusqu’au niveau le plus bas, à hauteur des fossés. Sa terrasse sommitale est quant à elle située de plain-pied avec la cour du château du Milieu : cette tour moins haute que les autres est aussi moins fragile. La tour est aménagée en prison au 17esiècle, comme en témoignent les graffiti qui subsistent sur les murs.

Tour de l’Horloge

La tour de l’Horloge est la « nouvelle » entrée fortifiée du château du Milieu créée par Jean sans Terre en 1200 lorsqu’il prépare la Forteresse à la guerre. Cette tour-porte est ménagée dans une tour longue et étroite à l’extrémité semi-circulaire. Située en retrait du rempart, elle est défendue côté Est par trois archères. La porte d’entrée s’ouvre dans l’une de ces archères et débouche sur un escalier droit. La tour était également accessible par le chemin de ronde.
La tour connaît par la suite plusieurs campagnes de modifications. Au 13e siècle, une herse est installée. A la fin du 14e siècle, la tour est rehaussée pour accueillir une cloche à son sommet et atteindre sa hauteur actuelle. Un escalier à vis est alors créé pour desservir les cinq niveaux que compte désormais la tour.

Logis royaux

Vers 1370, le duc Louis 1er d’Anjou entreprend la construction des logis. De cet ensemble, il ne nous reste plus que l’aile sud, qui abritait un auditoire à son extrémité. Au temps de Charles VII, l’ensemble prend sa configuration définitive de trois ailes autour d’une cour. L’auditoire devient la grande salle du château, plus connue sous le nom de « salle de la Reconnaissance ». Le reste de l’aile sud était occupé par les appartements de Charles VII et son épouse Marie d’Anjou, logés au premier étage. On y trouve l’essentiel : une chambre de parement et une chambre à coucher, les cabinets et lieux d’aisance. Les pièces de service et la salle à manger sont au rez-de-chaussée. La reine, principale occupante pendant plus de 25 ans (1435-1461), y fera faire de nombreux aménagements.

TOUR DU TRÉSOR

Adossée au rempart sud du château du Milieu, la tour du Trésor a été construite par Henri II Plantagenêt pour abriter son trésor royal essentiellement constitué de chartes et de documents. Aujourd’hui encore la tour abrite trois salles voûtées surmontées par une terrasse. La salle centrale est éclairée par deux petites fenêtres côté sud. Elle a pu servir de salle de garde ou de bureau et devait être remplie de coffres et d’armoires. Elle est flanquée de deux petites pièces latérales pourvues d’archères qui permettaient d’assurer la défense de la tour en cas de siège.

 

BÂTIMENT D’ACCUEIL / PALAIS DU ROI HENRI II PLANTAGENÊT

Situé à l’Est du bâtiment d’accueil actuel, le palais du roi Henri II Plantagenêt a été mis au jour entre 2003 et 2005 lors de fouilles archéologiques. Il n’était pas connu auparavant. C’est une découverte très importante, car il y a très peu de palais de cette époque qui sont parvenus jusqu’à nous. Composé de trois ailes perpendiculaires à un grand bâtiment parallèle à la Vienne, cet ensemble est articulé autour de plusieurs cours. Il est protégé par une simple enceinte, sans tours, mais dans laquelle on pénètre par deux portes monumentales, à l’Est et à l’Ouest. Ses vestiges sont actuellement préservés sous la terre, tandis que le rempart est encore visible et a été restauré dans toute sa majesté.